Environnement et Stratégie
Réussir la transition environnementale

Quelle prime pour les Green bonds ?

 

Nous sommes heureux d’annoncer que David Zerbib, collaborateur d’I Care & Consult, a reçu le Best Paper Award à la International Conference on Energy Finance and the Macroeconomy, qui s’est tenue du 22 au 24 novembre 2017 à Montpellier, pour son travail intitulé « The Green Bond Premium [1]».

 

Le working paper conduit une analyse comparée des rendements obligataires conventionnels et verts (« green bonds ») sur le marché secondaire. Il met en évidence une décote de rendement des obligations vertes par rapport aux obligations conventionnelles entre avril 2012 et décembre 2016 sur de nombreux segments de marché. En particulier, les primes négatives (i.e. la décote de rendement) sur les obligations vertes privées en EUR et en USD peuvent atteindre, respectivement, -10 points de base et -15 points de base pour les obligations les mieux notées.

Cette différenciation dans la microstructure du marché est d’autant plus surprenante qu’elle ne rémunère pas un supplément de risque des obligations conventionnelles par rapports aux obligations vertes car, contrairement aux project bonds qui sont adossés à un projet précis, ces dernières sont toutes deux exposées au risque de défaut de l’entreprise et, partant, à sa solvabilité.

L’article précise que cette prime négative vient en réalité illustrer la différenciation du rapport des forces d’offre et de demande entre les marchés obligataires verts et conventionnels : elle reflète l’excès de demande et/ou la carence d’offre d’obligations vertes, relativement au même rapport sur les obligations conventionnelles. Les pressions à l’achat sur les obligations vertes sont alimentées par les réglementations (par exemple, l’Art. 173 de la loi sur la Transition Energétique en France), les recommandations (Task Force on Climate-Related Financial Disclosures, EU High-Level Expert Group on Sustainable Finance), la pression de la société civile et la prise de conscience de la matérialité du risque environnemental par les acteurs financiers, en particulier les investisseurs institutionnels. Quant aux obstacles à l’offre d’obligations vertes, ils peuvent être liés, d’une part, à la nécessaire existence d’un projet vert sous-jacent et, d’autre part, à la procédure de labellisation et aux coûts qui lui sont afférents.

L’article soulève ainsi plusieurs enjeux, en particulier la possibilité, pour un émetteur d’obligations vertes, de limiter la prime de rendement au-dessus de la courbe conventionnelle dans le cadre d’une émission primaire pour les segments de marché concernés mais également la nécessité, pour les pouvoirs publics et les régulateurs, de soutenir le développement du marché des green bonds afin d’en assurer son intégrité.

 

[1] O.D. Zerbib, The Green Bond Premium, SSRN Working paper, 2017. https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2889690

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