Agenda international chargé pour la biodiversité

Les Parties de la Convention sur la Diversité Biologique ont entamé cette semaine la première partie des négociations sur les objectifs internationaux en matière de biodiversité d’ici à 2050, avec un palier pour 2030 (Cadre post-2020, ou « Global Biodiversity Framework »). Après la déception liée à la non-atteinte avérée des objectifs d’Aichi (objectifs fixés en 2010 pour la biodiversité mondiale en 2020), ce cadre post-2020 pour la biodiversité mondiale devrait être à la fois ambitieux, concret, avec des engagements chiffrés et précisant les moyens à mobiliser pour permettre aux Etats et autres organisations d’atteindre ces objectifs. Au-delà de la signature de la « déclaration de Kunming » qui se veut une « impulsion politique » pour les négociations de 2022, les négociations de cette semaine vont permettre de faire avancer les discussions sur le premier projet de cadre publié en juillet 2021, reprenant des éléments présentés en janvier 2021.

Les acteurs privés sont suspendus aux résultats des négociations, et leurs activités devraient s’en trouver rapidement et concrètement impactées, tant acteurs financiers qu’entreprises. La nouvelle réglementation française à destination des acteurs financiers sur la prise en compte du risque d’érosion de la biodiversité dans les stratégies d’investissement (article 29 de la Loi Energie-Climat) exige en effet des acteurs financiers une démonstration de l’alignement des portefeuilles avec les objectifs internationaux. La cible 19 « Accroître les ressources financières, toutes sources confondues, pour les porter à au moins 200 milliards USD par an, y compris des ressources financières nouvelles, additionnelles et efficaces » concerne directement les investissements privés.

Côté entreprises, l’ambition de ces engagements internationaux risque d’influencer grandement l’intégration de la nature dans les stratégies et engagements publics. La cible 15 indique par exemple que « toutes les entreprises évaluent et rendent compte de leurs dépendances et de leurs impacts sur la biodiversité, du niveau local au niveau mondial » et précise que les impacts négatifs doivent être diminués d’ici 2030 d’au moins de moitié. Pour répondre à cette cible sérieusement et concrètement, l’utilisation de méthodes de mesure d’empreinte biodiversité agrégée sur tout le cycle de vie des produits et services est particulièrement indiquée, tant pour comprendre ses impacts que pour suivre les bénéfices concrets des engagements.

Ce cadre se veut le plus concret possible pour inciter les acteurs privés à agir pour la préservation de la nature, en grande crise aujourd’hui.

 

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