CSRD se transforme, la performance durable s’ancre : pourquoi les entreprises doivent garder le cap au-delà de la conformité
A peine trois ans après sa publication et un an après la publication des premiers rapports de durabilité, la CSRD évolue déjà. Les débats politiques, le paquet Omnibus et la révision des ESRS ont semé le doute chez de nombreuses entreprises. Faut-il ralentir, attendre, revoir ses ambitions ?
Notre conviction est claire : la CSRD est peut-être simplifiée et son périmètre d’application réduit, mais la performance durable, elle, est là pour durer. Elle s’impose comme un nouveau langage commun entre durabilité, finance et stratégie.
CSRD : ce qui change… et ce qui ne change pas
Fin 2025, le Conseil et le Parlement européen ont validé le paquet « Omnibus I », dont la publication au Journal officiel de l’UE (JOUE) est attendue au printemps 2026, suivie des transpositions nationales sous 12 mois.
Les principales évolutions à retenir (sous réserve de publication au JOUE)
- Périmètre resserré : seules les entreprises de plus de 1 000 employés et 450 M€ de chiffre d’affaires seraient désormais soumises à la CSRD, avec l’introduction d’exemptions supplémentaires (ex : certaines filiales, holdings financières)
- Introduction de clauses pour protéger les acteurs de la chaîne de valeur : le « value chain cap ». Les entreprises soumises à CSRD ne pourront pas exiger des informations nécessitant des efforts « excessifs » auprès de leurs acteurs de leur chaîne de valeur.
- Abandon des normes sectorielles initialement prévues.
- Suppression de l’assurance raisonnable (un acte délégué sur l’assurance limitée est attendu avant juillet 2027).
- ESRS fortement simplifiés, avec une réduction d’environ 60 % des points de données, dont la suppression intégrale des points de données volontaires, soit une baisse estimée de 30 à 40 % de la charge de reporting.
- Norme volontaire VSME pour les entreprises européennes non soumises, afin de conserver un cadre de référence harmonisé.
Trois textes sont déjà applicables pour 2026 :
- le Quick fix pour les entreprises de la vague 1 (prolongation de 2 ans des exemptions permises en année 1 et ajout d’autres exemptions),
- la directive Stop the clock qui diffère la date d’application de 2 ans pour les entreprises de vague 2,
- l’acte délégué Taxonomie, avec notamment l’introduction d’un seuil de matérialité à 10 % sur le CA, le CapEx et l’OpEx, simplification des textes, nouveaux templates, rationalisation des KPI du secteur financier.
Ce qui ne disparaît pas
La double matérialité est maintenue, même si simplifiée avec notamment l’introduction de la limite des coûts et efforts excessifs. L’objectif reste de produire une image fidèle des impacts, risques et opportunités matériels et de leurs interactions avec la stratégie, le modèle d’affaires, et la chaîne de valeur, sans coûts ni efforts excessifs.
Il est important de noter que les effets financiers escomptés ont été conservés dans les ESRS révisés, même si accompagnés de reliefs possibles : CSRD maintient le lien entre finance et durabilité, un socle fort pour accroitre les ambitions de la performance durable.
La CSRD est une incarnation législative d’un mouvement plus large : finance et durabilité convergent de manière pérenne
Derrière les ajustements réglementaires, la dynamique de fond ne change pas. Marchés financiers, banques, investisseurs et agences de notation cherchent des informations décisionnelles pour orienter les flux de capitaux :
- Quels risques climatiques ou sociaux menacent la performance des entreprises ?
- Quels investissements renforcent la résilience du modèle économique ?
- Quelle trajectoire de transition est crédible, finançable et mesurable ?
La CSRD s’inscrit dans ce mouvement et l’accompagne en équipant les entreprises d’un arsenal clair et comparable de points de données. Même si nous pouvons regretter la forte diminution du nombre d’entreprises concernées, la réglementation continue d’envoyer un signal fort : la performance durable se pilote aussi en valeur économique.
CSRD et performance durable : les questions à se poser aujourd’hui
- Qu’est-ce que les nouveaux textes changent pour votre entreprise ? Etes-vous toujours soumis à la CSRD et/ ou à la taxonomie ?
- Si oui : si la réglementation le prévoit, quels changements appliquer en 2026 à la suite de la publication des ESRS révisés ? Comment améliorer votre reporting de durabilité à la suite du premier exercice ?
- Si non : quel reporting volontaire conserver pour rester lisibles et concurrentiels vis-à-vis du marché, des financeurs et des partenaires ?
- Au-delà du règlementaire : comment s’imbriquent performance financière et performance durable ?
- Votre stratégie RSE intègre-t-elle une trajectoire de transition crédible et résiliente ?
- Connaissez-vous le coût réel de cette transition ? CapEx, OpEx, risques financiers, coûts de l’inaction, mesures d’atténuation…
- Comment financer cette transition ? Arbitrages d’investissement, dialogue avec les banques, attractivité pour les investisseurs.
Aller au-delà de la conformité : faire de la durabilité un levier de valeur
Notre équipe Performance durable accompagne les directions Finance, Stratégie et RSE pour transformer les obligations réglementaires comme la CSRD en outils de pilotage et de création de valeur.
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